Accueil Date de création : 10/08/10 Dernière mise à jour : 11/06/14 13:04 / 93 articles publiés

Les Stryges - Court-métrage fantastique réalisé par les élèves de Première Cinéma 2014  (LES REALISATIONS VIDEOS) posté le mercredi 11 juin 2014 09:07

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C'est pas un drame - Documentaire-Fiction réalisé par des élèves de première Cinéma 2014  (LES REALISATIONS VIDEOS) posté le mercredi 11 juin 2014 10:42

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Désaccordés - Film réalisé par les terminales L 2014  (LES REALISATIONS VIDEOS) posté le mercredi 11 juin 2014 13:04

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HIROSHIMA MON AMOUR - LA PIERRE ET L'EAU  (Complément de cours) posté le vendredi 23 mai 2014 21:49

Blog de obenazet :L'ENSEIGNEMENT DU CINEMA AU LYCEE PAUL CLAUDEL                                       Olivier Bénazet, HIROSHIMA MON AMOUR - LA PIERRE ET L'EAU

Parmi les oppositions qui structurent le film, la plus sensible est celle de l’eau et de la pierre, du solide et du liquide. La polarité de la pierre et de l’eau domine le film en ce qu’elle figure de manière sensible le jeu de la mémoire et de l’oubli.

Solide, fixe, la pierre est l’élément de la mémoire, de ce qui dure et résiste au temps, mais aussi de l’immobilité. Liquide, mouvante ou stagnante, l’eau est l’élément de l’oubli, du temps qui passe et qui dissout le souvenir, érode la pierre.

 Les premiers plans composent un emblème de l’opposition pierre/eau. La présence statuaire des corps est contredite par la sueur qui recouvre les corps.

Tout ce que prétend avoir vu la Française relève de la pierre, du monument supposé conserver la mémoire : le vélo tordu, les capsules en bouquet, les alignements de pierres dans le musée mais aussi les films, toutes les images de l’horreur. « Tu n’as rien vu » répète pourtant le Japonais. Paradoxe qui exprime trois idées :

-          D’abord, l’événement Hiroshima est irreprésentable, incommensurable et rien, aucune trace, aucun monument ne peut en exprimer la vérité.

-          Ensuite, tout l’effort de mémoire est vain face à la puissance de l’oubli, du temps qui passe et efface (Les statues meurent aussi, pour reprendre le titre d’un court-métrage de Resnais).

-          Enfin, la litanie négatrice du Japonais dit une conception du cinéma : renversant ou équilibrant le préjugé dominant, Resnais considère que la vocation et le propre du cinéma ne sont pas seulement de conserver des traces du passé, mais de figurer le passage, l’oubli et la vanité de toute chose. Le cinéma filme la mort au travail a-t-on souvent écrit.

 Si la réalité d’Hiroshima rappelle à la Française celle de Nevers, c’est en partie parce que les deux villes associent si fortement la pierre et l’eau.

 Eau et pierre s’opposent ensuite, avec subtilité, dans la séquence décisive du café du fleuve. La pierre est encore associée à la mémoire dans l’esprit de la femme : celle du mur de la cave contre laquelle elle s’écorche les mains « pour se faire du bien…et aussi se rappeler. » Mais, tout au long de la séquence, tandis que le récit constitue le souvenir, l’eau s’infiltre dans presque tous les plans. En plongée, la rivière apparaît à travers la vitre, derrière les personnages. En contre-plongée, le miroitement de l’eau se reflète dans l’espace et sur les visages. Impassibilité du fleuve, sombre masse d’oubli soustraite à l’Histoire, ou écoulement continu du temps qui érode et emporte les souvenirs.

L’eau continue à couler par la suite, telle la boisson que Riva ingurgite en force et qui bave sur son visage. C’est aussi celle qu’elle se passe sur le visage comme pour effacer le souvenir qu’elle vient de reconstituer, tout en prenant à témoin son amant mort de l’oubli déjà en marche. C’est la pluie qui tombe à Hiroshima et vide les rues tandis que la voix prononce : « Le nom s’effacera peu à peu de notre mémoire. » C’est enfin le bruit constant de la fontaine de la boîte de nuit Casablanca, fontaine à peine aperçue, et bruit mixé plus haut que nature.

 

Dans le conflit de la pierre et de l’eau, Hiroshima mon amour prend parti pour la seconde, pour le fluide, le passage, l’oubli.

 

Dans ce film, le temps l’emporte sous la forme métaphorique du fleuve et de son écoulement naturel et immuable : Le fleuve Otha à Hiroshima et la Loire à Nevers. La métaphore est confirmée par Resnais : «  S’il fallait une comparaison, je choisirais l’image du bouchon de liège qui flotte au gré de la rivière, quelle que soit la force des courants, les remous, le reflux. Je me sens comme ce bouchon de liège, donc je considérerai que le siècle, l’Histoire, est une sorte de fleuve. C’est un peu cela ma conception du temps historique. »

 L’oubli pour survivre

La pierre est amenée à s’effriter, à se liquéfier. A l’image des bâtiments que traversent les amants, à Nevers ou à Hiroshima, les quais se transforment en ruines. S’accrocher aux quais devient alors de plus en plus difficile pour les personnages, puisque la pierre, comme la mémoire (« une mémoire de pierre » écrit Duras) se transforme en matière poreuse. Le personnage d’Emmanuelle Riva n’a plus d’autres choix que de laisser le passé filer entre ses doigts.

Lorsque la jeune femme rentre à son hôtel et se regarde dans le miroir, le thème musical de Nevers retentit, mais sans qu’aucune image mentale ne parvienne cette fois à imprimer la pellicule. Les images de Nevers sont littéralement étouffées, enfouies à nouveau sur la surface, dans les profondeurs invisibles du temps. Les fondus enchaînés disparaissent progressivement, les dernières images de Nevers apparaissent et disparaissent via une coupe franche. Au début du film, lorsque Nevers apparaît pour la première fois, le retour sur le passé est encadré par un souple fondu-enchaîné. Une véritable plongée. A la fin du film, comme les personnages, les images du passé n’ont aucune prise pour « s’agriffer ».

 La dernière partie du film correspond donc à un épuisement. De retour à son hôtel après sa longue marche dans Hiroshima, la jeune femme est groggy. Elle erre dans les couloirs, se cogne contre les murs, comme si ceux-ci la repoussaient. Désormais incapable d’occuper la marge ou de plonger à nouveau dans les profondeurs, la jeune femme se laisse flotter à la surface, au gré du courant, comme le bouchon de liège cher à Resnais.

 « Si on n’oublie pas, on ne peut pas vivre, ni agir. L’oubli doit être en construction. Le désespoir, c’est l’inaction, le repli sur soi. Le danger, c’est de s’arrêter », nous dit Resnais. A Nevers, les cheveux tondus à la libération repoussent. A Hiroshima, de nouvelles végétations renaissent après l’apocalypse nucléaire.

 

 Avec Hiroshima mon amour, Resnais et Duras affirment qu’on ne peut plonger dans le passé trop longtemps sans se noyer, et qu’on ne peut rester sur le quai, en marge du temps, sans y mourir, à l’image du soldat allemand, expirant son dernier souffle sur les bords de la Loire. A l’image de la zone d’Orphée qu’il faut traverser sans jamais s’arrêter, sous peine de mourir, les quais et les profondeurs du fleuve sont à occuper avec parcimonie.

Comme pour Nuit et Brouillard, le mouvement du film ne part pas du présent pour aller vers le passé, mais plutôt du passé vers le présent, pour l’avenir. Le traumatisme du passé est plutôt convoqué pour mieux avancer. Pour la jeune femme, il s’agit donc de faire resurgir ses souvenirs pour mieux les mettre ensuite à distance, c’est-à-dire prendre conscience de l’oubli.

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PASSAGES - DOCUMENTAIRE REALISE AVEC LA CLASSE DE TERMINALE 2010-2011  (LES REALISATIONS VIDEOS) posté le jeudi 15 septembre 2011 20:29

Un grand merci à tous,

anonymes croisés dans la rue,

membres du lycée Paul Claudel,

à ceux qui nous ont laissé les suivre, 

à ceux qui ont osé se livrer ou simplement se sont laissés filmer.

Que vous apparaissiez ou non dans le montage final, merci pour ces belles

rencontres.

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